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mercredi 4 novembre 2009

Les joues rosies par le vent



La réflexion avance, des embryons de réponses surviennent, l'envie se réveille, mais le froid me glace et le sommeil me manque.

Ce matin, je me trouvais pâle. Pourtant, j'ai toujours les joues roses, trop, comme une fille de la campagne. J'ai pris mon vélo, descendu la rue qui longe le parc, vers la place Saint Germain. J'ai attaché mon vélo, enlevé mes protège-pantalons, sorti mon porte-monnaie et me suis avancée dans le vent matinal, vers les maraîchers. J'ai pris aujourd'hui une botte de radis, deux choux-rave, du cresson, des fruits aussi. Le marchand de viande n'était pas là et je n'avais pas envie de poisson. Je suis rentrée chez moi, j'avais chaud, le dos moite, les joues étaient roses à nouveau. Je me répète, je recycle même, cette photo, oui, je sais, je l'ai déjà montrée, mais je l'aime tant, les deux d'ailleurs me bouleversent.

Le soleil vient de percer hors des lourds nuages et réchauffe mes pieds, le bonheur n'est jamais loin.

J'ai repris possession de mon espace, il me faut maintenant découvrir qui je suis. Oui, j'en suis encore à me poser ces questions, mais, il me semble que, sans elles, ma vie serait fade. Elles m'accompagnent depuis toujours, même si elles me fatiguent souvent, parfois.

Je retourner travailler.

Je vous souhaite une agréable journée.


Photographies:

jeudi 13 août 2009

Le rouge aux joues...




Je rougis facilement.

Du plus loin que je me souvienne, je deviens rouge, comme une tomate, une pivoine.
- Et pourquoi pas une rose?
- Tiens pourquoi pas!
- Et pourquoi pas comme une tulipe?
- Non, pas assez sérieux.
- Un dahlia?
- Non, ça ne va pas non plus, on pense au Dahlia noir plutôt qu'au rouge.
Pour un oui, un non, prononcé un peu trop fort, mes joues se teintent de mille feux.

Ce rouge-rosé se voit, d'autant plus, que ma peau est très claire. Une peau de rousse, sans les cheveux et avec quelques rares tâches de rousseur, qui n'apparaissent qu'après de longues heures d'exposition solaire, chose que j'évite comme le diable, vous comprendrez bien pourquoi.

Le rouge n'illumine pas le haut de mes pommettes, comme un fard, déposé délicatement par un pinceau de soie, non il déborde, coule, gagne la joue entière, œuvre expressionniste s'il en est.

Qu'il vente ou qu'il fasse grand soleil, mes joues s'enflamment.

Que je rie ou pleure, je m'empourpre.

Que la tristesse ou la colère s'emparent de moi, je m'embrase, non de passion ardente ou d'amour fou. Les joues seules dépassent, exagèrent passablement mes émotions. Elles ne savent pas lire les idiotes, les emportées. Elles réagissent au quart de tour, n'attendent pas leur tour, ni ne réfléchissent avant d'agir, aux conséquences tragiques de leurs actes.
- Attention, attention, émotion en vue! Paré à tirer! Elle est dans ma ligne de mire! J'attaque!
Tireurs d'élites, chevaliers aguerris, elles dégainent leurs flèches plus vite que leur ombre!

Confiante ou mal à l'aise, les émotions se lisent sur mon visage comme les notes sur une partition de musique, comme les lignes de la main, non ça ne va pas, on ne lit rien sur les mains.

Je m'empourpre au premier regard, au premier sourire, au premier mot. Je me décompose comme une compote de pommes (rouges).

Enfant, dans la cour d'école, puis adolescente, des questions revenaient sans cesse. Une rengaine irritante :
- Tu rougis? Pourquoi est-ce que tu rougis? Mais... tu rougis?
- Mais, non pas du tout...
- Tu es gênée?
- Non, mais non...
Impossible de nier.
Heureusement, les adultes apprennent enfin, à tenir leur langue dans leur poche ou plutôt à la délier, sitôt la fille aux joues roses retournée.

C'est beau, une fille qui rougit, c'est touchant, cela peut même être émouvant.
- Comme un coquelicot? Rouge et fragile! On a comme envie de la protéger, de la prendre dans nos bras...

C'est terriblement gênant aussi, parce que cela arrive toujours, au moment où l'on voudrait que cela ne se voit pas. Mais, pourquoi grand dieu est-ce que je rougis lorsque je croise mon moniteur d'auto-école à la terrasse d'un café? Pourquoi est-ce que je rougis quand des gendarmes demandent de nous arrêter sur le bas-côté alors que ce n'est pas moi qui conduit!
- Quel drôle de géranium!

Mais je ne rougis plus lorsque je vais à la boulangerie ou lorsque je vais acheter des légumes au marché ou lorsque je suis malade, ou fatiguée, ou, ou, ou...non, je ne vois pas.

Timide, facilement impressionnable.

- Loulou, Loulou?
- Oui, c'est moi!


Photographies:
Note personnelle: un grand coup de cœur pour ce blog Feaverish photography présentant les travaux de photographes, exceptionnels pour la plupart.

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